Diag Invoice
RESSOURCE EXPERTS-COMPTABLES

Contrôles et erreurs de la facture électronique

La conformité d'une facture électronique ne se limite pas à un fichier XML bien formé. Elle repose sur plusieurs niveaux de règles : techniques, sémantiques, métier et fiscales. Pour une entreprise, le problème consiste à produire et recevoir des factures correctement structurées. Pour un cabinet d'expertise comptable, il faut gérer ce problème sur des dizaines ou centaines de dossiers utilisant des logiciels, des PA et des processus différents.

Mis à jour le 17 août 2026 · Temps de lecture : 12 minutes

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Qu'est-ce que le contrôle d'une facture électronique ?

Une facture électronique n'est pas qu'un simple fichier XML techniquement valide. Pour être conforme au sens de la réforme, elle doit respecter plusieurs catégories de règles qui portent sur sa structure, sa sémantique, sa cohérence arithmétique et sa conformité aux règles métier, tant européennes (EN 16931) que françaises (BR-FR).

Le contrôle de conformité consiste à vérifier chacun de ces aspects avant ou après l'émission de la facture. Un écart sur une règle peut entraîner un rejet par la Plateforme Agréée, un refus du destinataire, ou des conséquences fiscales.

EN CLAIR

Une facture électronique conforme ne se résume pas à un XML techniquement valide. Elle doit respecter des règles de structure, de données, de calcul et de mentions obligatoires qui dépassent la simple génération d'un fichier.

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Les différents niveaux de contrôle

La conformité d'une facture électronique s'évalue à plusieurs niveaux, du plus technique au plus métier :

Format et syntaxe

Le fichier doit être dans l'un des formats acceptés (Factur-X, UBL 2.1 ou CII D16B) et respecter la syntaxe XML. Un fichier mal formé, avec des balises non fermées ou des encodages incorrects, sera rejeté dès la première vérification.

Exemple d'erreur : Fichier XML mal formé, balise obligatoire absente, encodage incorrect, profil non reconnu.

Sémantique

Chaque donnée doit être présente au bon endroit et dans le bon format : le numéro de facture dans le champ dédié, la date au format ISO 8601, le SIREN dans la structure Identifiant. Les Business Terms (BT) de la norme EN 16931 définissent précisément où et comment chaque information doit figurer.

Exemple d'erreur : Date mal formatée, identifiant dans un champ incorrect, code pays non conforme ISO 3166.

Règles métier (BR-CO / BR-FR)

Au-delà de la structure, des règles de validation vérifient la cohérence et la conformité métier : cohérence arithmétique des montants, présence des mentions obligatoires françaises, validité des codes TVA, respect des formats d'identifiants nationaux.

Exemple d'erreur : Montant TVA incohérent avec la base × taux, mention obligatoire absente, numéro de facture trop long, SIREN acheteur manquant.

Cohérence des calculs

Les montants déclarés dans la facture doivent être arithmétiquement cohérents entre eux : le total HT doit correspondre à la somme des lignes, le total TVA à la somme des montants par taux, le total TTC à la somme du HT et de la TVA. Les arrondis doivent respecter la méthode par taux.

Exemple d'erreur : BR-CO-09 (TVA ≠ base × taux), BR-CO-10 (total HT ≠ somme lignes), BR-CO-15 (TTC ≠ HT + TVA).

TVA et fiscalité

Les taux de TVA doivent être autorisés en France, le régime fiscal doit être correctement indiqué (autoliquidation, exonération, export), les mentions associées doivent figurer. Ce niveau de contrôle dépasse la simple vérification de format et relève de la qualification fiscale de la transaction.

Exemple d'erreur : Taux de TVA non autorisé, mention d'autoliquidation absente sur une opération concernée, catégorie de TVA incorrecte.

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La norme EN 16931

La norme européenne EN 16931 définit le modèle sémantique commun de la facture électronique. Elle spécifie les données qui doivent ou peuvent figurer sur une facture électronique (les Business Terms ou BT), leur format, leur signification et les règles de validation associées.

Un XML techniquement bien formé peut être invalide au regard de la norme EN 16931 si un champ obligatoire est absent, si une règle de cohérence n'est pas respectée ou si la sémantique n'est pas correcte. La norme distingue les règles de sévérité variable : certaines sont fatales (la facture est bloquée), d'autres sont des avertissements.

La norme EN 16931 sert de base à la facturation électronique dans l'Union européenne. Chaque État membre peut ajouter ses propres règles via des extensions nationales (en France, les règles BR-FR). Ces règles de validation sont formalisées dans des fichiers Schematron, qui constituent le référentiel technique officiel de contrôle des factures électroniques.

Source officielle :impots.gouv.fr - La facturation électronique en pratique · economie.gouv.fr - Facturation électronique pour les entreprises

→ Pour approfondir : les règles de cohérence arithmétique sont détaillées dans les articles consacrés aux règles BR-CO-09, BR-CO-10, BR-CO-14, BR-CO-15, et aux arrondis de TVA.

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Les règles BR-CO (cohérence transversale)

Les règles BR-CO (Business Rules - Cross-format) sont des règles de validation transversales, applicables quel que soit le format (Factur-X, UBL, CII). Elles vérifient la cohérence des données et la présence des informations obligatoires dans la structure de la facture.

Parmi les règles BR-CO les plus fréquemment rencontrées :

Les règles BR-CO sont communes à tous les formats (Factur-X, UBL, CII) et à tous les États membres. Une facture qui viole une règle BR-CO est considérée comme non conforme à la norme EN 16931, quelle que soit la plateforme ou le pays.

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Les règles BR-FR (exigences françaises)

Les règles BR-FR sont les règles spécifiques à la France, qui complètent la norme EN 16931. Elles traduisent les exigences du droit français en matière de facturation : mentions obligatoires, format des identifiants, règles de TVA nationales, cadre de facturation.

Contrairement aux règles BR-CO qui sont transversales, les règles BR-FR ne s'appliquent qu'aux factures relevant du périmètre français. Elles couvrent par exemple :

Les règles BR-FR sont définies dans la spécification nationale française XP Z12-012 et sont appliquées par les Plateformes Agréées lors de la transmission des factures.

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Factur-X, UBL et CII

La norme EN 16931 peut être mise en œuvre via trois formats acceptés en France. Chacun a ses spécificités de structure et de contrôles.

FormatStructureUsage principalType de contrôlesPoints d'attention
Factur-XPDF/A-3 + XML CII embarquéPME, relations fournisseurs, factures hybridesCohérence PDF/XML, profil (Basic WL, EN16931, Extended)Le profil doit correspondre aux données présentes. Un Basic WL ne valide pas toutes les règles EN16931.
UBL 2.1XML pur (OASIS)Marchés publics, grands comptes, internationalStructure UBL, schéma XML, règles BR-CO et BR-FRFormat très structuré : chaque erreur de schéma peut bloquer la facture.
CII D16BXML pur (UN/CEFACT)Flux internationaux, échanges UN/CEFACTSchéma CII, règles BR-CO et BR-FRMoins répandu en France. Utilisé comme base de la norme EN16931.
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Pourquoi une facture peut être rejetée

Une facture électronique peut être rejetée à plusieurs étapes de son cycle de vie. Les causes les plus fréquentes sont :

  • Donnée obligatoire absente : numéro de facture, SIREN, adresse, date, montant.
  • Incohérence de montant : le total HT ne correspond pas à la somme des lignes, ou la TVA calculée est différente de base × taux.
  • Mauvaise utilisation d'un code : code TVA inconnu, code pays inexistant, catégorie de TVA incorrecte.
  • Calcul TVA incohérent : arrondi ligne par ligne au lieu d'un arrondi par taux.
  • Règle métier non respectée : mention obligatoire absente (pénalités, indemnité de recouvrement, escompte).
  • Information mal structurée : date au mauvais format, identifiant dans le mauvais champ.
  • Profil Factur-X inadapté : le profil choisi ne correspond pas aux données réellement présentes.

Chaque rejet est accompagné d'un motif qui permet d'identifier la règle non respectée. Les statuts du cycle de vie de la facture électronique indiquent précisément si la facture est rejetée (213), suspendue (208) ou refusée (210).

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Contrôles TVA

La facture électronique doit mentionner correctement les informations fiscales de la transaction. Les contrôles liés à la TVA portent notamment sur :

  • Les bases taxables : chaque ligne de facture doit indiquer une base HT correcte.
  • Parmi les principaux taux applicables en France métropolitaine : 20 %, 10 %, 5,5 %, 2,1 %.
  • Les montants de TVA doivent être cohérents avec la base et le taux, calculés par taux et non par ligne.
  • Les exonérations et le champ d'application doivent être correctement indiqués (article 261 du CGI, etc.).
  • Lorsque l'acquéreur ou le preneur est redevable de la TVA, la mention 'Autoliquidation' doit apparaître sur la facture. Les règles applicables dépendent de la nature de l'opération.
  • Les arrondis doivent respecter la méthode par taux : addition des bases HT par taux, multiplication par le taux, arrondi une seule fois.

Source officielle :impots.gouv.fr - La facturation électronique en pratique · economie.gouv.fr - Facturation électronique pour les entreprises

→ Pour approfondir : le guide des arrondis de TVA en EN 16931 et le détail de la règle BR-S-08.

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Exemple concret

Prenons une facture simple pour illustrer les différents niveaux de contrôle :

FACTURE EXEMPLE

  • Montant HT : 1 000,00 €
  • TVA 20 % : 200,00 €
  • Montant TTC : 1 200,00 €
  • Client : SARL exemple, SIREN 123 456 789
DonnéeRègleErreur possibleConséquenceCorrection
N° factureBR-FR-01 / BR-FR-02Trop long ou caractères interditsRejet PALimiter à 20 caractères alphanumériques
TVA 200 € sur 1 000 € × 20 %BR-CO-09200 € ≠ 200,01 € (arrondi ligne)Rejet fatalArrondir la TVA par taux, pas par ligne
SIREN clientBR-FR-11Absent ou invalideRejet PAVérifier le SIREN dans l'annuaire
Mentions paiementBR-FR-05PMD, PMT ou AAB absentRejet / warningAjouter les 3 mentions obligatoires
Total TTCBR-CO-15TTC ≠ 1 000 + 200Rejet fatalVérifier la somme HT + TVA

ANALYSE

Une même facture peut cumuler plusieurs anomalies, chacune relevant d'une règle différente. Certaines erreurs sont bloquantes (rejet fatal), d'autres sont des avertissements. Les identifier correctement est la première étape pour les corriger.

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Où s'effectuent les contrôles, et où se place Diag Invoice ?

Plusieurs couches complémentaires interviennent dans le contrôle des factures électroniques. Le positionnement de Diag Invoice dépend du profil de chaque client et du niveau d'équipement du cabinet.

Scénario A

Petit client peu équipé

Le client n'a pas d'ERP ni de logiciel métier structuré. Dans ce cas, Diag Invoice peut être utilisé en marque blanche comme environnement de facturation : le client accède à une interface au nom du cabinet (par exemple cabinet-client.mafacture-masolution.fr), facture depuis cet environnement, et toutes les factures sont automatiquement contrôlées avant émission.

Configuration : marque blanche incluse dans l'offre cabinet.

Scénario B

Client avec ERP ou logiciel métier

Le client dispose déjà d'un outil de facturation (ERP, logiciel de gestion, outil métier). Diag Invoice se place comme couche de contrôle en amont, sans remplacer l'outil existant. Les factures produites par l'ERP sont analysées avant envoi à la PA : contrôle des règles BR-CO, BR-FR, cohérence des montants, validation du format. Les fichiers de validation Schematron utilisés sont les mêmes que ceux appliqués par les Plateformes Agréées : les contrôles sont identiques, ce qui permet de détecter les anomalies avant l'envoi. Le client conserve son outil habituel, Diag ajoute la vérification normative.

Configuration : connexion via API ou hub email, contrôle technique (Schematron, BR-CO, BR-FR) disponible.

Cockpit commun

Le cabinet retrouve tous ses clients dans le même cockpit

Que le client utilise Diag Invoice en marque blanche ou conserve son ERP/logiciel métier, les informations remontent dans le même cockpit cabinet. Le cabinet suit en un coup d'œil l'état de préparation de chaque dossier, les PA utilisées, les anomalies détectées, les rejets à traiter et les actions prioritaires. Peu importe comment le client facture, le cabinet retrouve la vision consolidée au même endroit.

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Un même client peut utiliser plusieurs PA

Une entreprise peut utiliser des Plateformes Agréées différentes pour l'émission et la réception. Elle peut aussi en utiliser plusieurs simultanément, par exemple une PA pour ses factures B2B et une autre pour ses factures B2G.

Pour un cabinet qui suit 300 clients, le nombre de relations client × PA × flux peut être très élevé. Chaque client peut avoir sa propre PA, certains en ont plusieurs, et chaque flux (émission, réception) peut passer par une plateforme différente.

Diag Invoice organise le suivi autour du dossier client, pas de la plateforme. Le cabinet voit par client : sa PA, l'état de ses factures, les anomalies détectées, sans avoir à se connecter à chaque plateforme individuellement.

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Calendrier 2026 / 2027

Les obligations de facturation électronique entrent en vigueur progressivement :

  • 0.1er septembre 2026 : toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France doivent être capables de recevoir des factures électroniques.
  • 1.1er septembre 2026 : les grandes entreprises et les ETI doivent émettre leurs factures au format électronique.
  • 2.1er septembre 2027 : les PME, TPE et micro-entreprises doivent émettre leurs factures au format électronique.

Source : impots.gouv.fr - Facturation électronique

Dès septembre 2026, les premiers contrôles s'appliqueront aux factures émises par les grandes entreprises. Les flux de réception concerneront toutes les entreprises, ce qui rend nécessaire une préparation dès maintenant, quel que soit le calendrier d'émission.

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Données structurées et TVA : ce qui change pour le contrôle

La réforme augmente la quantité de données structurées transmises à l'administration. Ces données sont plus facilement exploitables informatiquement, ce qui facilite certains rapprochements et analyses. Cela ne signifie pas qu'une erreur entraîne automatiquement un contrôle ou un redressement, mais le niveau de qualité attendu sur les données devient plus important. L'un des intérêts pour le cabinet est d'utiliser lui-même cette donnée en amont pour sécuriser ses dossiers.

Factures fournisseurs reçues dès 2026

Dès septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. Cela signifie que les factures de vos fournisseurs arriveront au format structuré (Factur-X, UBL ou CII).

Pour chaque facture reçue, la Plateforme Agérée du fournisseur transmet à l'administration les données réglementaires : montant HT, TVA, identification des parties. La réforme augmente la quantité de données structurées disponibles, facilitant les rapprochements entre ce que le fournisseur déclare et ce que l'acheteur déclare de son côté.

Concrètement, si un fournisseur émet une facture avec un taux de TVA incorrect ou si la facture contient une erreur de calcul, ces écarts sont potentiellement identifiables par recoupement. Une incohérence ne signifie pas automatiquement contrôle ou redressement, mais elle augmente le risque de questionnement.

E-reporting : le calendrier applicable à l'entreprise

L'e-reporting (transmission des données de transactions à l'administration) suit un calendrier distinct du calendrier d'émission des factures électroniques :

  • 1.1er septembre 2026 : les grandes entreprises et ETI doivent transmettre leurs données d'e-reporting (B2C, opérations internationales, etc.).
  • 2.1er septembre 2027 : les PME, TPE et micro-entreprises doivent transmettre leurs données d'e-reporting.

Pour les PME, l'e-reporting commence donc en septembre 2027, et non en 2026. En revanche, les factures fournisseurs reçues au format structuré arrivent dès septembre 2026, quel que soit le calendrier d'émission de l'entreprise.

À DISTINGUER

« Je ne suis pas concerné parce que je suis une petite entreprise » est un piège pour la réception des factures. Dès septembre 2026, les factures fournisseurs arrivent au format électronique structuré. L'obligation d'émission et d'e-reporting ne commence qu'en 2027 pour les PME, mais la réception, elle, est immédiate.

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Pour les experts-comptables : contrôler une facture n'est que le début

Pour un cabinet d'expertise comptable, le vrai problème n'est pas de contrôler une facture isolée. C'est de piloter 100 à 300 clients qui utilisent des logiciels, des Plateformes Agréées et des processus différents.

Diag Invoice permet de suivre, pour l'ensemble du portefeuille :

  • L'état de préparation de chaque client (diagnostic réalisé ou non, PA choisie, éligibilité).
  • Les anomalies détectées sur les factures et leur typologie (format, TVA, mentions obligatoires).
  • Les rejets par PA et par client, avec les motifs précis.
  • Les actions prioritaires : clients à relancer, factures à corriger, échéances à anticiper.
  • La progression dans le temps : nombre de clients onboardés, factures vérifiées, conformité globale.

L'outil absorbe la technicité normative (UBL, CII, BR-CO, BR-FR, Schematron). Le collaborateur du cabinet n'a pas besoin de maîtriser ces détails : il voit ce qui ne va pas et ce qu'il doit faire.

Les cabinets qui anticipent ces sujets dès 2026 seront en mesure d'offrir un service de pilotage de la conformité à leurs clients, là où d'autres subiront la surcharge de travail lorsque le volume d'anomalies augmentera.

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Du contrôle de la facture au pilotage continu du portefeuille

L'enjeu pour un cabinet n'est pas seulement de contrôler les factures une par une. C'est de disposer d'une vue consolidée en temps réel sur l'ensemble du portefeuille :

  • Qui est prêt pour la réforme et qui ne l'est pas ?
  • Quels clients ont des anomalies récurrentes sur leurs factures ?
  • Quels clients doivent être relancés pour choisir une PA ou finaliser leur diagnostic ?
  • Quelles PA sont utilisées dans le portefeuille, et où se concentrent les rejets ?
  • Quelle est la progression globale du cabinet semaine après semaine ?

Le cockpit cabinet centralise ces informations. Le collaborateur passe du « contrôle de facture » au « pilotage de la conformité » : il voit les tendances, priorise ses actions et suit la progression de chaque dossier.

Data et missions de conseil

Automatiser les contrôles répétitifs (format, syntaxe, cohérence arithmétique, règles BR-CO/BR-FR) libère du temps pour l'analyse humaine. Le cabinet peut consacrer ses experts aux sujets à valeur ajoutée : qualification fiscale, optimisation des processus clients, conseil sur le choix des PA, accompagnement des dossiers complexes.

C'est le passage d'une logique de vérification à une logique de conseil continu, où la donnée structurée devient un levier de la relation client.

Pour approfondir ce sujet, un article dédié détaille ce que la facturation électronique règle vraiment pour les cabinets, et ce qu'elle ne règle pas.

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Tableau de synthèse

Type de contrôleExempleQui peut le réaliserErreur détectée
FormatVérification du profil Factur-XContrôle réglementaire PAProfil inadapté aux données
Syntaxe XMLBalise fermée, encodageContrôle réglementaire PAFichier XML mal formé
SémantiqueDate au format ISOContrôle réglementaire PA · Contrôle logiciel émetteurChamp obligatoire absent
Cohérence arithmétiqueBR-CO-09, BR-CO-10Contrôle réglementaire PA · Contrôle complémentaire DiagTVA ≠ base × taux
Règles françaisesBR-FR-05 (mentions paiement)Contrôle réglementaire PA · Contrôle complémentaire DiagMention obligatoire absente
TVA et fiscalitéTaux autorisé, autoliquidationValidation EC · Contrôle complémentaire DiagTaux non autorisé en France
Cycle de vieStatut facture (rejetée 213)Contrôle complémentaire Diag · Validation ECFacture non suivie

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le contrôle d'une facture électronique ?

Le contrôle d'une facture électronique consiste à vérifier qu'elle respecte l'ensemble des règles techniques, sémantiques, métier et fiscales applicables. Une facture électronique ne se résume pas à un fichier XML techniquement valide : elle doit aussi respecter des règles de structure, de cohérence des montants, de données obligatoires et de conformité à la norme EN 16931 et à ses extensions nationales (BR-FR).

Pourquoi une facture électronique peut-elle être rejetée ?

Une facture électronique peut être rejetée pour plusieurs raisons : une donnée obligatoire absente (numéro de facture, SIREN, adresse), une incohérence de montant entre le total HT et la somme des lignes, un calcul de TVA incorrect, l'utilisation d'un code non autorisé, le non-respect d'une règle métier, une information mal structurée dans le XML, ou l'absence des mentions obligatoires françaises (pénalités de retard, indemnité de recouvrement, escompte).

Quelle différence entre EN16931, BR-CO et BR-FR ?

EN 16931 est la norme européenne qui définit le modèle sémantique commun de la facture électronique (les données attendues, leur format et leur signification). BR-CO (Business Rules Cross-format) sont les règles de validation transversales à tous les formats, définies par la norme elle-même : cohérence arithmétique, présences obligatoires. BR-FR sont les règles spécifiques à la France, qui ajoutent des exigences nationales, comme les mentions obligatoires de paiement, les règles de numérotation, ou les formats de date français.

Une facture Factur-X peut-elle être incorrecte ?

Oui. Une facture Factur-X combine un PDF visuel et un XML structuré. Les deux doivent être strictement cohérents : si le PDF affiche un montant différent du XML, la facture peut être rejetée. De plus, chaque profil Factur-X (Minimum, Basic WL, Basic, EN16931, Extended) ne valide pas les mêmes règles. Une facture au profil Basic WL peut passer les contrôles de son profil sans pour autant respecter toutes les règles du profil EN16931.

Quelle différence entre Factur-X, UBL et CII ?

Factur-X est un format hybride franco-allemand qui combine un PDF visuel et un XML structuré CII embarqué. UBL 2.1 (Universal Business Language) est un standard OASIS de facturation XML pure, très utilisé dans les marchés publics et les échanges internationaux. CII D16B (Cross-Industry Invoice) est le standard UN/CEFACT qui sert de base à la norme EN 16931. Les trois sont acceptés en France, mais chacun a ses spécificités de structure et de contrôles.

Qui contrôle les factures électroniques ?

Plusieurs acteurs peuvent intervenir dans le contrôle d'une facture électronique : le logiciel de facturation ou l'ERP qui génère la facture peut appliquer des vérifications de format et de présence des champs obligatoires ; la Plateforme Agréée (PA) valide la conformité du format structuré avant transmission ; d'autres outils spécialisés peuvent effectuer des contrôles complémentaires sur les règles métier, la cohérence des calculs et la conformité fiscale ; l'entreprise ou son expert-comptable reste responsable des contrôles métier et fiscaux spécifiques.

Une Plateforme Agréée contrôle-t-elle toutes les erreurs ?

Non. La Plateforme Agréée vérifie principalement la conformité du format et la présence des données obligatoires. Elle ne vérifie pas le taux de TVA appliqué, la pertinence du régime fiscal choisi, la cohérence avec le contrat commercial, ou la justesse des calculs fiscaux. Ces contrôles relèvent de l'émetteur, de son logiciel de gestion ou d'outils complémentaires.

Quand les PME devront-elles émettre des factures électroniques ?

Les PME, TPE et micro-entreprises devront émettre des factures électroniques à partir du 1er septembre 2027. En revanche, dès le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France doivent être capables de recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les ETI doivent émettre en électronique dès septembre 2026.

Comment un expert-comptable peut-il contrôler les factures de ses clients ?

Le contrôle des factures électroniques pour un cabinet d'expertise comptable ne se résume pas à vérifier chaque facture une par une. Il s'agit de mettre en place une supervision centralisée : s'assurer que les factures des clients passent les contrôles de format et de règles, identifier les anomalies récurrentes, suivre les rejets par PA, et piloter la conformité du portefeuille. Des outils spécialisés permettent d'automatiser une partie de ces contrôles et de centraliser la supervision.

Quels sont les risques pour un cabinet si les factures de ses clients sont rejetées ?

Les conséquences sont multiples : factures impayées pour le client (un rejet technique bloque le paiement), charge de travail supplémentaire pour le cabinet (diagnostic, correction, réémission), risque fiscal si l'erreur concerne la TVA, et dégradation de la relation client. Un cabinet qui ne prépare pas la réforme s'expose à une surcharge de travail au second semestre 2026, lorsque le volume d'anomalies augmentera.

Un cabinet peut-il utiliser une seule PA pour tous ses clients ?

Non. Chaque entreprise cliente choisit librement sa ou ses Plateformes Agréées. Le cabinet peut recommander une PA, mais il ne peut pas l'imposer. La gestion multi-PA est donc un enjeu central pour les cabinets : il faut pouvoir suivre les factures et les rejets de chaque client, quelle que soit la PA qu'il utilise, sans devoir se connecter à chaque plateforme individuellement.

Une entreprise peut-elle utiliser plusieurs Plateformes Agréées ?

Oui. Une entreprise peut utiliser des PA différentes pour l'émission et la réception, et même plusieurs PA simultanément. C'est une liberté prévue par la réforme. Pour un cabinet qui suit plusieurs clients, cela multiplie les combinaisons à gérer.

Peut-on utiliser une PA différente pour l'émission et la réception ?

Oui. Une entreprise peut tout à fait utiliser une PA pour émettre ses factures et une autre pour recevoir celles de ses fournisseurs. Rien dans la réforme n'impose d'utiliser la même plateforme pour les deux flux.

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